La formation à l'ère des neurosciences

Partager cette actualité :

04 OCT
science connaissance formation

> Neurosciences et formations : quand la formation s'enrichit de l'apport des neurosciences
 

En 2018, Jean-Michel Blanquer a constitué un Conseil Scientifique avec à sa tête un éminent chercheur en neuroscience*1. L'objectif de ce dernier est d'apporter un éclairage nouveau dans les programmes scolaires et la manière d'enseigner et de former en France. Loin d´être un cas isolé, cet exemple démontre de la vitalité des neurosciences et de sa plus-value dans le cadre des formations. Neurosciences et formations sont en effet intimement liés et la compréhension de l'un permet d'optimiser l'autre.

 

> Neurosciences et formations : l'engagement actif, levier de formation
 

Que vous suiviez une formation en management ou bien que vous tentiez d'apprendre une nouvelle langue, un élément fondamental va faire la différence dans votre apprentissage. Ce levier de formation, bien connu des neurosciences, est l'engagement actif. Il s'oppose à l'apprentissage passif et démontre des résultats concrets et visibles. Par exemple Patricia Kuhl*2, professeur et co-directrice an Institute for Learning & Brain Sciences a mené une expérience sur deux groupes de bébés Anglais. L'objectif était de leur faire apprendre une nouvelle langue, en l'occurrence le chinois. Le premier groupe était confronté à une personne réelle et pouvait non seulement interagir avec elle et avec les autres membres du groupe. Les bébés du deuxième groupe, au contraire, ont ete confronte a cette nouvelle langue face à des écrans qui diffusaient la même formation. Ils étaient donc passifs dans leur apprentissage. Patricia Kuhl démontre que le premier groupe a fait des nets progrès dans son apprentissage contrairement au deuxième qui n'a presque rien retenu*3.

 

> Neurosciences et formations : fréquence et durée des répétitions
 

Dans son livre How We Learn, Benedict Carrey condamne fermement le bachotage et l'apprentissage rapide et de dernière minute. Il explique que le cerveau a besoin de temps pour assimiler durablement une information. Ainsi plus l´espacement de l´apprentissage sera important, plus la trace mémorielle sera solide. C´est pour cela qu´il vous sera impossible de devenir web-développeur en 5 jours. L'apprentissage d'un nouveau langage, en l'occurrence le HTML, CSS …., doit se faire sur le long terme afin d´optimiser l´assimilation.

 

> Neurosciences et formations : l'importance du sommeil pour la maturation cérébrale et l'apprentissage
 

En 2017, l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) fait appel à Pierre-Hervé Luppi*4. Il est responsable de l'équipe Physiopathologie des réseaux neuronaux du cycle du sommeil du Centre de Recherche en Neuroscience de Lyon. Ils ont réalisé un dossier d'information sur le sommeil*5. Une partie est consacrée à l'importance du sommeil et à son rôle dans les phénomènes de concentration, d'apprentissage ou de mémorisation. Ainsi, les données d'imagerie ont montré qu'un apprentissage ou une formation conduisent à des modifications du cerveau dans la nuit suivante. Il y aura alors une augmentation des épines dendritiques. Ces dernières connectent les neurones entre eux et, de facto, augmentent les flux d'informations. Ainsi, quelques soit la formation que vous suivez, il est impératif d'avoir un excellent équilibre du sommeil. En plus d'augmenter votre irritabilité et votre sensation de faim, l'absence de sommeil conduit à une dépréciation des fonctions d'apprentissage.

 

*1 : https://www.lexpress.fr/education/apprentissage-et-neurosciences-la-memo...
*2 : http://ilabs.uw.edu/institute-faculty/bio/i-labs-patricia-k-kuhl-phd
*3 : https://youtu.be/M-ymanHajN8
*4 : https://crnl.univ-lyon1.fr/index.php/fr/Recherche/Equipes/17
*5 : https://www.inserm.fr/index.php/information-en-sante/dossiers-informatio...